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Vivatech 2018 : ce que cette édition nous inspire

2018, une édition menée au pas de charge. C’est le paradoxe des événements proches : on prend peu le temps de les apprécier. En particulier sur cette édition du Vivatech où il était très difficile d’assister aux conférences sans faire une heure de queue au préalable. Avec des speakers comme E. Macron et M. Zuckerberg on comprend mieux pourquoi. Ceci étant, à l’inverse du Web2day ou du Web Summit, les interventions « on stage » donnaient le sentiment d’être moins présentes ici : deux scènes principales seulement. On a donc visité le salon et profité à plein de la foule (80 000 visiteurs attendus sur les 3 jours).

Un succès qui confirme ce que l’on pensait déjà, les entreprises françaises ont pris conscience qu’elles doivent combler leur déficit digital. Que regagner en culture pour intégrer les opportunités offertes par la tech à tous les niveaux de l’entreprise n’est plus une option. Et pour ça elles ont besoin de faire le plein de culture digitale. En participant notamment à ce genre d’event. Et surtout en intégrant des “hauts profils” : CTO, CDO (bref des jobs en O) dont la mission est de transformer l’entreprise. D’ailleurs travailler au contact de certains de ces profils nous amène à nous re-questionner sur le rôle de l’agence. Ils ou elles sont nombreux(ses) à en savoir autant que nous quant aux techs et aux acteurs qui bouleversent leurs secteurs. Certain(e)s savent très bien comment les intégrer ou quel pivot faire opérer à leur entreprise. Ceux-là n’attendent pas de Nouvelle Vague qu’elle soit une éclaireuse sur telle ou telle avancée technologique. En revanche, qu’elle soit un point d’appui qui les aide à opérer ces changements en interne, oui. Qu’elle soit, au besoin, le connecteur entre leur nouveau service (ou produit) et la bonne ressource qu’elles n’avaient pas identifiée dans leur scope, oui. Et bien sûr qu’elle continue, parce qu’elle partage un pan de culture commun, à être l’agence capable d’imaginer la campagne qui tue pour ces nouveaux services, oui ! C’est ça notre job du futur. Soit à peu de choses près ce qu’il a toujours été. Sauf qu’il nécessite d’embrasser la tech et les nouveaux usages, de les intégrer, de les comprendre et de considérer cela pour ce dont il s’agit en réalité : une formidable opportunité pour notre métier d’agence. Voilà pour l’instant hors-jeu. Du moins c’est aussi ce que l’on retient en priorité de cette édition Vivatech 2018.

« La culture coûte cher ? Essayez l’ignorance » – Derek Bok

source : sparted

Pour en revenir à Vivatech, il est toujours compliqué d’en tirer une synthèse tant chacun(e) peut y voir et en retenir ce à quoi il ou elle est le plus sensible. Pour faire suite à l’introduction de ce billet, il nous a semblé que les applications dédiées à la formation continue des collaborateurs explosent. Un sentiment confirmé par le site vivatech où l’on dénombre plus de 140 startups taguées « Edtech, talent &HR « . Pour beaucoup, elles visent à implanter la culture digitale dans les boîtes, ce qui montre une fois de plus que ces dernières savent l’investissement nécessaire pour se transformer. Et plutôt que de le faire par blocs de formation, elles choisissent des solutions qui ancrent cette culture dans le quotidien des équipes. Des solutions (dont certaines nous ont tapé dans l’oeil) qui ne sont pas réservées aux grands groupes et dont le coût est tout relatif.

Un point que l’on peut relever c’est une certaine maturité qui se dégageait des applications, devices ou services que nous avons vus. L’effet wahoo des casques de VR qu’on observait il y a encore deux ans s’estompe, même si tout le monde s’est sans doute arrêté devant la voiture drône d’Airbus qui nous projette en pleine SF ou dans un futur proche.

D’autres techno nous projettent dans le futur. Sauf qu’il s’agit bien du présent : la reconnaissance faciale de Microsoft AI par exemple. Certain(e)s trouveront ça génial. D’autres très dangereux. Les deux auront raison. Appliquée à un centre commercial, il est clair que cette solution est fantastique pour analyser les flux et mieux mesurer le delta entre client cible et réalité. En l’occurrence l’AI reconnaît votre âge, votre sexe et votre attitude (jovial, fermé, neutre etc). Elle calcule le nombre de fois où vous êtes repassé devant. C’est doublement bluffant : juste et très très fluide.

Évidemment l’ia est, comme lors du dernier websummit, très présente dans cette édition. La majorité des solutions que nous avons pu voir se basent sur elle : smart city, déplacements, finance, production vidéo… On a pu notamment y rencontrer Snips, spécialiste de l’IA qui propose un assistant vocal pour objets connectés qui ne partage pas vos données personnelles. D’ailleurs on trouve très malin la petite expérience proposée par son CEO.

La tech : enjeu d’attractivité territoriale

On aura noté aussi la grosse présence des territoires : Auvergne Rhône Alpes, Bourgogne Franche Comté, Centre Val-de Loire, Région sud, Grand Est, Nouvelle Aquitaine.

Région Centre Val de Loire

Région Bourgogne – Franche Comté

Région Nouvelle Aquitaine

Région Sud

Région Grand Est

Chacun étant là avec sa délégation de start-up et cherchant à se positionner sur une thématique : Fintech, Agrotech, Foodtech, Histoire, Healthtech. Ce qui révèle une très grosse concurrence entre territoires. On sent bien l’enjeu sur l’attractivité et l’emploi à travers la place que joue la tech pour attirer les talents. Pas de stand pour la région Pays de la Loire qui y a pourtant largement sa place.

Outre les grands acteurs (Google, Facebook, Microsoft), ce qui nous a frappé c’est que la majorité des startups étaient « hébergées » sur les stands des grandes entreprises françaises publiques ou privées : Airbus, BNP Paribas, BPI, LVMH, la Poste, PMU, RATP, TF1, etc.  On y voit là aussi la volonté de doper leur culture digitale tout en renforçant l’attractivité de leur marque employeur.

La conséquence de cette hyper présence des territoires et des grandes entreprises, c’est que le salon ne proposait pas de pavillons par thématique. Cela permettrait pourtant de mieux se repérer et d’optimiser son parcours de visite. Le point positif de ce choix est qu’il favorise les découvertes impromptues si tant est qu’on ait suffisamment de temps à y consacrer.

Bilan de ce Vivatech 2018 : une légère frustration de ne pas avoir pu assister plus facilement à certaines conférences. Un sentiment largement contrebalancé par les rencontres que l’on y a fait et qui seront très utiles pour notre business et celui de nos clients.

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